Paul
Gérard
« J’ai la conviction que l’art peut créer des espaces de reconnaissance et de dialogue autour d’expériences souvent tues ou invisibilisées. »
Les violences sexuelles entre hommes, en particulier lorsqu’elles concernent des adolescents, restent encore largement invisibilisées. À travers son projet, provisoirement intitulé Ce qui commence après, Paul Gérard souhaite ouvrir un espace pour rendre ces vécus partageables et réfléchir à ce qui peut se reconstruire collectivement.
Du récit individuel à la problématique collective
À travers sa pratique de recherche artistique, Paul cherche à comprendre comment des récits personnels (souvent tus, fragmentés ou invisibles) peuvent être transformés en espaces de mémoire, de partage et de réflexion collective. « Mes projets partent presque toujours d’éléments autobiographiques qui servent de point d’entrée vers des histoires plus larges, liées aux questions d’intimité, de mémoire familiale ou d’invisibilisation sociale. »
Avec son projet Ce qui commence après, Paul prend pour point de départ la question des violences sexuelles vécues durant l’adolescence. Il ne cherche pas à représenter la violence elle-même, mais s’intéresse à ce qui vient après : « Le moment où le silence se fissure, où les récits commencent à circuler, et où des formes de solidarité et de reconstruction peuvent émerger. »
Ce projet s’inscrit dans la continuité de travaux précédents qui explorent la manière dont des histoires intimes peuvent révéler des structures sociales plus larges. « Dans Etouffé dans la boue, j’abordais la question du secret familial et de l’homosexualité cachée. Dans Impasse de la Fidélité, j’ai mené une enquête autour de l’histoire de mon grand-père et des lieux de socialisation homosexuels clandestins à Bruxelles. D’autres projets, comme Les monstres n’existent pas, interrogent la figure du “bon père de famille” et les normes sociales qui structurent les identités. »
Une vocation qui libère la parole
Lors de certaines expositions, des spectateurs·rices de tous âges ont confié à Paul que les récits abordés dans son travail les avaient aidé·es à mieux comprendre leur propre histoire ou leur identité. « Ces échanges me rappellent combien l’art peut parfois agir comme un levier d’émancipation et de transformation. »