Anatole
Mélot
« Je souhaite que mes projets touchent davantage de personnes et créent des espaces de rencontre autour des transformations que traversent ces paysages. »
La vocation d’Anatole Mélot se situe à la croisée de la vidéo et de la photographie. Nourri par la curiosité, l’observation et la rencontre, il explore la relation entre l’humain et son environnement, entre la mémoire des territoires, les croyances qui les traversent et les empreintes laissées par l’extractivisme.
Quelle relation entretient l’être humain avec les paysages industriels ?
Pour tenter de répondre à cette question, Anatole explore la manière dont les sites marqués par l’extraction industrielle révèlent des tensions entre l’exploitation des ressources, l’environnement et les relations humaines. Il va à la rencontre des personnes qui vivent ou ont vécu en lien avec ces lieux pour mieux comprendre ces espaces avant de les aborder en vidéo et en photographie.
Avec le soutien de Vocatio, Anatole va notamment travailler sur une vidéo autour d’un immense projet de mine de cuivre dans le nord de la Norvège, où s’entrechoquent et s’entremêlent une vision extractiviste du territoire et d’autres manières de l’habiter et de le comprendre : « Le projet minier affecte directement le territoire et les modes de vie du peuple Sámi, pour qui ces paysages sont liés à une relation animiste au monde et à de nombreuses croyances attachées au territoire. »
Derrière cette vocation se trouve la volonté de comprendre ces territoires et les histoires qu’ils portent : « Ces paysages renvoient souvent à une période que je n’ai pas connue directement, mais dont les traces demeurent inscrites dans les architectures, les sols et les espaces transformés par l’industrie. »
Donner du temps à la recherche
Cela fait bien des années qu’Anatole a ce projet, mais beaucoup de territoires industriels ou miniers sont difficiles d’accès, pour des raisons administratives, techniques ou de sécurité.
La production de vidéos dans ces contextes demande également du temps et des moyens : « Il faut souvent se déplacer, mener des recherches sur place et rencontrer différentes personnes avant de pouvoir commencer à travailler. » En attendant, Anatole réalise des commandes photo et vidéo pour des galeries et des événements, ce qui lui permet de financer une partie de sa passion.
La bourse Vocatio constitue donc un coup de boost supplémentaire ! « J’ai décidé de poser ma candidature parce que cette bourse permet à des jeunes de se consacrer pleinement à un projet qui leur tient à cœur. Dans mon cas, elle me permettra de poursuivre mes recherches artistiques sur ces territoires industriels et extractifs, en disposant du temps et des moyens nécessaires pour approfondir ces projets et rencontrer les personnes concernées. »