Nathan
Naenen
« Avec ce film, je souhaite rendre hommage à la douceur et à la sécurité, car je crois sincèrement que c'est ce dont nous avons besoin en ces temps difficiles. »
Nathan Naenen croit au pouvoir du cinéma pour toucher les gens et les rapprocher. Il aime raconter des histoires intimes et centrées sur l'humain, qui explorent les nuances émotionnelles et le potentiel cinématographique de l'univers intérieur de ses personnages. C'est également ce qu'il fait dans son premier long métrage, TOUGH.
Comment ta vocation est-elle née ?
Enfant, j'ai grandi dans la ferme avicole de mes parents. J'ai compris assez vite que ce monde n'était pas fait pour moi. J'avais soif de fantaisie et d'imagination, et je les ai trouvées dans les films et les séries. Plus tard, j'ai suivi une formation de théâtre et j'ai joué dans diverses séries et divers films. C'est à cette époque que j'ai développé un intérêt profond pour l'univers intérieur des personnages et que j'ai été attiré par les possibilités offertes par le cinéma pour visualiser cet univers. Je me suis donc inscrit à l'école de cinéma et j'y ai découvert la puissance du cinéma.
Quel est ton projet actuel ?
TOUGH, mon premier long métrage, est un film de fiction qui traite de la relation à son propre corps après un traumatisme, du concept de masculinité et de la capacité à s'autoriser à se sentir en sécurité. Il raconte l’histoire de Jannes, un garçon de onze ans dans un internat pour garçons qui tente de « se comporter en homme » en s’inspirant des autres. Il se ment à lui-même et se retrouve ainsi inconsciemment dans des situations dangereuses. Vingt ans plus tard, Jannes travaille dans un refuge pour chiens alors que sa compagne Ana et lui attendent leur premier enfant. Plus ce changement de vie se concrétise, plus le couple se heurte à l’incapacité de Jannes à établir un lien affectif. Pendant ce temps, Jannes cherche en silence un moyen de surmonter ce qui lui est arrivé à l’époque.
Quels défis as-tu rencontrés dans la réalisation de ta vocation ?
Dans ma vingtaine, j’étais à la fois conscient de moi-même, analytique et peu sûr de moi. Du coup, je m’adaptais aux autres et j’avais soif de reconnaissance, y compris dans les films que je réalisais. Ce n’est que depuis quelques années que j’ose me demander ce que j’attends de moi-même plutôt que ce que les autres attendent de moi, ce qui s’accompagne aussi d’incertitudes et parfois même d’une peur de l’échec. Avoir confiance en soi et en ce que l'on crée est un défi que l'on relève chaque jour.
Comment Vocatio t'aide-t-elle à faire avancer ton projet ?
Tout d'abord, Vocatio me donne davantage confiance, non seulement dans mon projet, mais aussi en moi-même. Par ailleurs, j'en suis actuellement à la phase de recherche et d'élaboration du scénario de TOUGH. Il y a plusieurs thèmes que je souhaite approfondir, tels que l'internat pour garçons, le refuge pour chiens et le travail sur les traumatismes chez les hommes. Cette bourse m'aide à couvrir les frais liés à cette phase de recherche.