Jeff
Guns
« Lorsqu’une infirmière me dit qu’elle a enfin l’impression que ses compétences sont pleinement mises à profit grâce à Cerebro, je comprends pourquoi je fais ce métier. »
De nombreux cabinets en médecine générale n'acceptent plus de nouveaux·elles patient·es. Cela n’est pas dû à un manque de volonté, mais à l’inefficacité de certains processus. Jeff Guns propose une solution à ce problème : Cerebro, un logiciel qui aide les cabinets médicaux à mieux suivre leurs patient·es.
Comment est née ta vocation ?
En cherchant un nouveau médecin généraliste en 2019, j'ai été confronté à des restrictions d'admission de nouveaux patients. Après m'être renseigné, j'ai compris que le problème ne résidait pas tant dans une pénurie de médecins que dans la manière dont les soins sont organisés. J'ai alors décidé de contribuer à la mise en place d'un système de santé pérenne, garantissant que la Belgique conserve son statut de référence en matière de soins de qualité et accessibles.
En quoi consiste précisément ton projet Cerebro ?
Cerebro est une plateforme logicielle qui aide les cabinets de médecine générale à mieux suivre leurs patient·es atteint·es de maladies chroniques. Concrètement, il offre une vue d'ensemble : quel·le patient·e doit venir, quand, pour quelle raison, et qui peut assurer son suivi. Cerebro dispose également d'un portail patient relié au tableau de bord du cabinet, leur permettant de surveiller à distance une grande partie de ses patient·es. En résulte une diminution des complications et des hospitalisations évitables, un suivi plus rapproché et une meilleure qualité des soins.
Qu'est-ce qui te donne l'énergie nécessaire pour ton projet ?
Les discussions avec les professionnel·les de santé. Au cours de l'année écoulée, nous avons rencontré plus d'une centaine de médecins généralistes, mais aussi des infirmiers·ères et d'autres expert·es.
À quelles difficultés es-tu confronté ?
Nous travaillons dans un secteur très réglementé où la confiance est primordiale. Conformité au RGPD, validation médico-scientifique, intégration dans le flux de travail existant, etc. Chacune de ces étapes demande du temps et des ressources dont on ne dispose pas toujours en tant que jeune start-up. Mais nous considérons chaque obstacle comme un défi qui nous permet de nous rapprocher d'un projet qui a un véritable impact.
En quoi cette bourse t'aide-t-elle ?
La bourse Vocatio permet de tester Cerebro de manière approfondie et scientifique dans un environnement de soins réel, dans le cadre d'un projet pilote. En collaboration avec des médecins généralistes, des infirmiers·ères et des patient·es, nous allons pouvoir évaluer si notre logiciel permet réellement d'améliorer les soins et de les rendre plus accessibles.
Où en sera Cerebro dans cinq ans ?
D'ici cinq ans, je souhaite voir un système de soins de première ligne dans lequel la technologie aide les professionnel·les de santé au lieu de leur imposer une charge supplémentaire. J'espère que Cerebro sera utilisé dans des centaines de cabinets en Belgique et ailleurs, et que nous aurons contribué de manière tangible à réduire le nombre de patient·es en attente, à améliorer le suivi des maladies chroniques et à accroître la satisfaction professionnelle des professionnel·les de santé.