Hannah
Hoebeke
« Le processus de modelage ralentit le temps et crée un espace propice à des conversations qui, sans cela, n'auraient peut-être pas lieu. »
Dans une société où les gens s'éloignent de plus en plus les uns des autres et de leur environnement, Hannah Hoebeke considère la sculpture comme un moyen de renouer des liens. Elle utilise la sculpture dans le cadre de projets communautaires pour rassembler les gens et les aider à tisser de nouvelles relations.
Sculptrice communautaire
« En tant que sculptrice communautaire, je me sers de la sculpture comme moyen de faire et d’immortaliser des rencontres, et de mieux comprendre les gens. Mon premier projet de sculpture communautaire a vu le jour à Gand, au sein de l'association Manoeuvre vzw, un lieu de création qui met en place des projets en collaboration avec les habitant·es du quartier et des artistes. Cette expérience s'est avérée si passionnante et enrichissante que, depuis, je n'ai cessé de m'engager dans des projets communautaires. »
Rassembler les gens
« Traditionnellement, la sculpture est un moyen d'expression utilisé par l'élite pour afficher son pouvoir et son statut. Dans ma pratique, j'essaie de renverser cette idée et d'utiliser la sculpture pour donner une voix aux personnes invisibilisées ou marginalisées.
Je travaille au sein de communautés et dans des espaces publics, et j'utilise la sculpture comme moyen de rassembler les gens. La sculpture a une forte présence physique : elle occupe l'espace et invite à l'interaction. Le processus de modelage ralentit le temps et crée un espace propice à des conversations qui, sans cela, n'auraient peut-être pas lieu. »
Cela demande du temps et de l’ouverture d’esprit
« Les rencontres et l'ouverture d'esprit des personnes avec lesquelles je travaille sont ma plus grande source d'énergie et d'inspiration. Lorsque l'on travaille au sein d'une communauté, on remarque à quel point les gens sont souvent prêts à nous accueillir dans leur univers.
J'ai aussi appris qu'il faut être physiquement présent·e, qu'il faut prendre le temps d'être vraiment là. Les relations et la confiance se construisent petit à petit, et cela n'est possible que si l'on est prêt·e à y consacrer du temps et à faire preuve de patience. »
Une pratique durable
« Les organisations avec lesquelles je travaille disposent d'un riche réseau communautaire et local, mais manquent souvent de moyens financiers. La bourse Vocatio me permet d'acheter du matériel, de développer de nouvelles œuvres et de mieux documenter mes projets afin de développer ma pratique de manière durable. D'ici cinq ans, j'espère avoir constitué un réseau de projets, tant aux Pays-Bas qu'à l'étranger. Je trouverais également intéressant de mettre certains de ces projets en relation afin d'encourager les échanges entre les communautés. »