Vulcanologie moderne

J’ai étudié la géologie, et avec le soutien de Matthieu Kervyn, lauréat VOCATIO 2005, j’ai consacré mon
travail de bachelor aux volcans déformés. En 2010, lors de mon mémoire, je suis parti durant 5 semaines sur le volcan de Karthala (Grande Comore). A son sommet se trouve un cratère de 3 x 4 km : un paysage désolé de cendres et de blocs entraînés par des éruptions précédentes, des coulées de lave refroidie et des cratères et failles dégageant quotidiennement des vapeurs de gaz sentant le soufre. Le long du littoral et des flancs du volcan vivent au moins 250 000 personnes, une des populations les plus pauvres au monde, totalement désarmée face à une prochaine éruption et inconsciente des dangers que représentent les coulées de lave et les pluies de cendres. Ces dernières années le Karthala a connu des éruptions tous les 8 à 15 ans. La plus récente ayant eu lieu en 2007, le danger est donc réel ! Durant la saison des pluies, de fortes averses occasionnent des coulées de boues de cendres sur les villages situés en contrebas, causant d’importants dégâts matériels.

Depuis 2012 et jusqu’en septembre 2014, je fais de la recherche à la VUB dans l’équipe du Prof. Kervyn qui se concentre sur des volcans peu observés, situés dans des pays en voie de développement et principalement en Afrique. J’apprends à mieux comprendre les modes de fonctionnement volcaniques via l’élaboration de maquettes mais aussi sur le terrain, comme en 2013, dans la province volcanique de la Virunga, dans l’Est du Congo et au Rwanda. Je participe actuellement au projet “GeoRisk in Centraal-Afrika” (GeoRisCa) pour lequel j’établis des cartes régionales sur l’impact de dangers volcaniques tels que coulées de lave et éruptions.

La bourse VOCATIO va me permettre d’entreprendre une mission de terrain de longue durée, de rassembler des informations sur le volcan Karthala trop peu étudié, afin de mieux évaluer les risques d’une prochaine éruption. Je compte installer des stations météo et apprendre aux Comorais à décrypter les données des pluies. Conjointement à une étude géologique approfondie du dépôt de cendres lors des coulées de boues de ces dernières années, nous pourrons mieux comprendre la raison pour laquelle ces coulées ont lieu, quel est l’endroit le plus dangereux de l’île, de manière à aider les autorités à prendre des mesures de protection pour la population.

Bourse offerte par LE FONDS ERNEST SOLVAY

Lauréats cette année-là